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Bien avant de m’orienter vers le dessin, je m’étais rêvée physicienne. Le souvenir d’une expérience m’habite toujours. Lors de l’étude de la relativité, démonstration après démonstration, je découvrais le pouvoir de l’écriture mathématique. Il permettait de saisir quelque chose du réel qui allait à rebrousse-poil de certaines intuitions, de nos représentations spatio-temporelles et de la construction de nos perceptions.

Cette question du réel a d’abord guidé mes pas vers une curiosité pour l’origine et la forme de l’univers jusqu’à la fréquentation assidue des surfaces unilatères. Ces surfaces font partie du terrain de jeu d’une géométrie décoiffante : la topologie. Cette géométrie est déstabilisante pour nous qui sommes plongés dans un espace qui, la plupart du temps, s’appuie sur la géométrie euclidienne, où l’espace est surtout soumis à l’épreuve de la mesure. La topologie déplace notre rapport à l’espace, ses préoccupations sont très plastiques et plus qualitatives que quantitatives. Une nouvelle pratique du regard et du toucher s’engage, un regard rapproché, un tact du regard.

Fondamentalement paradoxale, le topologique maintient une tension irrésolue entre local et global, dedans / dehors, continu / discontinu. Il problématise les voisinages, frontières et passages. D’une part, ces termes ont un écho très fort et semblent pouvoir faire retour dans le champ social et politique contemporain. D’autre part ces enjeux sont au cœur de ma pratique du dessin. C’est d’abord la remise en question du support en tant qu’écran de projection, où une demi torsion clôture et met en continuité les deux faces de la feuille. Chaque geste de création se trouve pris et déplacé dans cet espace paradoxal. Que se passe-t-il alors, quand le dessin plutôt que de représenter un indice de réel vient s’y réduire et se présenter comme tel : un objet / espace topologique ?

Et comme me l’avait appris le cours de relativité en physique, je prenais conscience que la valeur relative des variables dépendait du choix et d’une prise de position. L’art est cette expérience où la différence entre ce qui a pu prendre une valeur ou pas est aussi mince que ce qui sépare les deux faces de la bande de Möbius et est similaire au passage continu d’un côté à l’autre. La tension entre continu et discontinu se maintient jusqu’à la coupure de la bande. Positive ou négative, la valorisation se réduit à être une coupure dans la continuité du temps.

 

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L’usure

En passant

L’ouvrage est publié ! Accessible dans les bonnes librairies et en ligne

infos : communique

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http://sites.google.com/site/lachaleurdelusure/edition

L’usure qui se compose de 2 volumes: La chaleur de l’usure et Excès d’usages et bénéfices de l’art, sous la direction d’Amélie de Beauffort et Pierre Baumann.

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Il y a une urgence durable à réfléchir sur ce qui épuise nos sociétés, nos civilisations, nos cultures, nos économies, nos pensées et nos regards : l’usure. L’usure a trait à l’épuisement, à l’érosion, à la perte ; mais l’usure est aussi ce (délit) qui résulte d’un excès de profit. L’art pense et dépense l’usure. De biais, elle scrute et dévoile ses désastre set ses bénéfices abusifs. L’art, mine de rien, résiste à l’usure. Il propose ses propres ripostes, ses renversements, ses revalorisations. L’art lamine l’usure, la fait miroiter, la met en crise. L’art réchauffe l’usure, comme l’usure réchauffe les matériaux qui se confrontent à ces frottements répétés. L’usure a sa chaleur.

L’usure joue double, voit double, s’entend double et parle double. Elle est là, dans l’angle mort de la raison.

Cet ouvrage, L’usure est construit en deux volumes à lire croisés :

La chaleur de l’usure va avec Excès d’usages et bénéfices de l’art. Chaque volume est construit sur la base d’une entité spatiale commune répartie en cinq salles qui dresse une forme d’ars memoriae. La chaleur de l’usure (fruit de l’exposition éponyme) parcourt ces espaces en images, documente, contextualise et élargit les projets produits par des artistes, alors que l’autre volume présente des écrits de plasticiens, de philosophes, d’archéologues, de psychanalystes et de penseurs d’horizons divers.

ISBN 1: 979-10-300-0097-9

ISBN 2: 979-10-300-0098-6

39 € – 476 pages – 230 x165 mm – couleur et n/b

Presses Universitaires de Bordeaux

Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles

 

The Journal of Contemporary Painting , Simon Hantaï (2d edition)

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Simon Hantai
edited by Mick Finch, Laura Lisbon and
Daniel Sturgis

Volume 1, Issue 2, 2015

The second edition of the Journal of Contemporary Painting (JCP) addresses the work and legacy of the French painter, Simon Hantaï (1922-2008). Hantaï’s reputation in France was established from the early 1960s up until his withdrawal from the art world in 1982. Regarded as a major post-war artist who initiated a crucial rethinking of painting in the wake of Pollock and Matisse, an exhibition at Paul Kasmin Gallery, New York (2010) and a major retrospective at the Centre Pompidou, Paris (2013) have contributed to a recent growing interest in, and recognition of, Hantaï’s work.

Edited by Mick Finch, Laura Lisbon and Daniel Sturgis, this issue of JCP is an intervention within this emerging recognition and includes the first English translations of several archival texts together with previously unpublished transcriptions of interviews and discussions with and concerning Hantaï. Alongside this there is a commissioned visual essay and a number of newly invited essays and responses offering contemporary receptions of Hantaï’s influence.

La surface épinglée

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La surface épinglée/ Tirer les ficelles des nœuds boroméens

 

En guise de préliminaire : une bande de papier ou une ficelle s’enlace. Amélie de Beauffort noue ses feuilles de papier et les ceint à la façon de bandes de Möbius, Michel Thomé noue des ronds de ficelles en nœud borroméen. Une intrigue se noue qui ne demande pas d’être élucidée. Elle expose une liaison (une polarité) et non un dénouement.

Des espaces noués. Une spéculation annexe l’origine de l’art à une origine « textile ». L’homme tresse, noue des roseaux, les assemble pour se protéger et diviser l’espace. Dès cette origine, le geste manuel est d’emblée un geste conceptuel qui fait advenir de l’espace. Prendre au sérieux cette articulation entre geste manuel et conceptuel comme l’origine de l’art engage une conséquence d’importance, une esthétique du faire. Geste et concept sont plus qu’interdépendants, ils ne vont pas l’un sans l’autre.

Nouer est un geste et un concept. Soit une transformation radicale : réduire la surface à une seule face et un bord unique ou jouer de la magie du nouage borroméen ; que ce soit par celle-ci ou celui-là, ces gestes-concepts interagissent avec les matériaux, les transforment, ils y apportent un supplément de complexité des frontières et des passages, qui ne sont pas sans écho à nos enjeux anthropologiques et sociétaux actuels.

L’espace topologique est fondamentalement paradoxal, car il maintient une disjonction irréductible entre local et global. À moins d’y perdre ses qualités à proprement parler topologiques, il ne se laisse pas saisir par la représentation, cela n’est pas rien. La transformation du support en objet topologique est une mise en question de l’espace de la représentation, non seulement elle en crève l’écran, (celui de la représentation, de l’espace conventionnel euclidien, lieu de la mesure, de la maîtrise et de la suprématie du regard) mais, le dessin lui-même alors, plutôt que de représenter un indice de réel, l’incarne et le devient lui-même.

Entre ligne et surface enroulée, continu et discontinu, trait et trou, tracement et espacement : voilà où cette exposition s’articule. Une façon de dire et de taire. Il n’y aurait aucune représentation à lire mais seulement un regard à pratiquer, et c’est cette pratique qui lui donne sens en tant qu’elle engage la jouissance du toucher de la vue. AdB

 


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Sluice art Fair / Schéma project

Amélie de Beauffort à Sluice art fair

à Londres

47/49 Tanner St, Bermondsey, London, SE1 3PL

19 & 20 October 2013
12 – 9PM
47/49 Tanner St
Bermondsey

http://www.sluiceartfair.com

invitée par Schema project (Brooklyn, NY)

http://schemaprojects.com/