Accueil

Image

Bien avant de m’orienter vers le dessin, je m’étais rêvée physicienne. Lors de l’étude de la relativité, démonstration après démonstration, je découvrais le pouvoir de l’écriture mathématique. Il permettait de saisir quelque chose du réel qui allait à rebrousse-poil de certaines intuitions, de nos représentations spatio-temporelles et de la construction de nos perceptions.

Cette question du réel a d’abord guidé mes pas vers une curiosité pour l’origine et la forme de l’univers jusqu’à la fréquentation assidue des surfaces unilatères. Ces surfaces font partie du terrain de jeu d’une géométrie décoiffante : la topologie. Cette géométrie est déstabilisante pour nous qui sommes plongés dans un espace qui, la plupart du temps, s’appuie sur la géométrie euclidienne, où l’espace est surtout soumis à l’épreuve de la mesure. La topologie déplace notre rapport à l’espace, ses préoccupations sont très plastiques et plus qualitatives que quantitatives. Une nouvelle pratique du regard et du toucher s’engage, un regard rapproché, un tact du regard.

Fondamentalement paradoxal, le topologique maintient une tension irrésolue entre local et global, dedans / dehors, continu / discontinu. Il problématise les voisinages, frontières et passages. D’une part, ces termes ont un écho très fort et semblent pouvoir faire retour dans le champ social et politique contemporain. D’autre part ces enjeux sont au cœur de ma pratique du dessin. C’est d’abord la remise en question du support en tant qu’écran de projection, où une demi torsion clôture et met en continuité les deux faces de la feuille. Chaque geste de création se trouve pris et déplacé dans cet espace paradoxal. Que se passe-t-il alors, quand le dessin plutôt que de représenter un indice de réel vient s’y réduire et se présenter comme tel : un objet / espace topologique ?

Et comme me l’avait appris le cours de relativité en physique, je prenais conscience que la valeur relative des variables dépendait du choix et d’une prise de position. L’art est cette expérience où la différence entre ce qui a pu prendre une valeur ou pas est aussi mince que ce qui sépare les deux faces de la bande de Möbius et est similaire au passage continu d’un côté à l’autre. La tension entre continu et discontinu se maintient jusqu’à la coupure de la bande. Positive ou négative, la valorisation se réduit à être une coupure dans la continuité du temps.

 

table-amelie

 

CV

Expositions 

2018-2019

BIOMORPHISME, approches sensible et conceptuelle du vivant, La Friche Belle de Mai, Marseille

2017 

Unilatère, La porte étroite , Avec Sylvie Pic, Toulon

2016

Morphoanalogy at the crossroad of the formel, the empirical and the logical, Fabrica do Braço de Prata, Lisbonne

 

2015

YIA art fair, Le Carreau du Temple Paris 

La surface épinglée, Galerie Stéphanie Jaax 

De la Poudre aux yeux, Centre Culturel Jacques Franck 

Volume2, Schéma Project, Brooklyn, NY

2013

Table à Dessein, la Tannerie, Bégard, France

Infini et autres cycles,  la Tannerie, Bégard,France

Schéma Project, Brooklyn, NY

2012 

La pierre dans les yeux, galerie Sabine Wachters, Knokke

2011 

Draxing in Expended Field, De Markten, Bruxelles (B) (collective).

2010 

 En quelques traits , Iselp, (B) (collective)

2009 

When space draws , galerie Sabine Wachters (B)

2008 

Regardez # 2 Amélie de Beauffort et Delphine Deguislage, La Vénerie (B)

 Déplier l’ / , Amélie de Beauffort / Bertrand Ivanoff, documentation vidéo de Bruno Goosse,

Chapelle de Boondael, Ixelles (B) 

2007 

 Acht Zeichner aus Belgium , Emshertal Muséum de Herne, (D), (collective)

2005 

Peeling Pink (In Situ), théâtre Mercelis (B)

Entre là , Galerie Pitch, Paris, (Fr), (avec Charles de Lantsheere).

 Entre là , Maison d’Art Actuel des Chartreux, Bruxelles, (avec Charles de Lantsheere) 

2004 

Galerie Pitch, Paris (Fr) (duo)

2003 

Galerie Détour, Namur (B) (solo) 

Prix international d’Art Contemporain de Monaco (collective)

2001

Concours des Arts visuels, Musée des Beaux-Arts d’Ottawa (Canada)(collective)

1993

Colloque « l’art, regard de la phénoménologie », Ecole des Beaux-Arts de Toulouse (Fr)

1991

Tremplin », Hôtel de ville de Bruxelles, (B) (collective)

Publications

2016

La chaleur de l’usure, ouvrage collectif sous la direction de Pierre Baumann et Amélie de Beaufort, Presse Universitaire de Bordeaux,

2011 

 Draxing in Expended Field, catalogue de l’exposition

2010

En quelques traits , Catalogue de l’exposition, Iselp

2006

Acht Zeichner aus belgium, catalogue de l’exposition au Emshertal Muséum. 2001 

2004

 La Part de l’Oeil n°19, 2003-2004, Dossier « La représentation et l’objet », Bruxelles

Presse

2008 « Noir et couleur », Claude Lorent, www.lalibre.be 

2006 « Grenzüberscreitend », Falko Herlemann, Westdeutshe Allgemeine nr 261/45 

2005 « Effrangements et déplacements », Tristan Trémeau, L’Art Même numéro 26 

2003 Christophe Dossogne, Art Expo, numéro 46