Bains d’essai, exposition à Roubaix

Mis en avant

Exposition duo, avec Pierre Baumann, à la plus petite galerie du monde (0u Presque) à Roubaix. Vernissage le dimanche 6 juin de 11h30 à 18h00, visite les samedis de 15h à 18h ou sur rendez-vous (jusqu’au 26 juin) 

Amélie de Beauffort déploie une méthodologie où le lieu du dessin apparaît comme celui  d’un état transitoire. Elle développe une forme d’indexation graphique qui ne représente rien d’autre que le processus qui l’a fait naître.                                                                       

Percées et poinçonnages crèvent la blanche planéité du papier. Ils ouvrent un passage entre surface et sousface et laissent la voie aux flux qui se conjuguent et se contredisent. Entre volitions et échappées aléatoires, c’est une histoire  qui découle de liquides qui s’écoulent. Le papier en est la matrice qui se laisse altérer. Il s’anime et réagit à ces gestes iconoclastes. La feuille n’est pas seulement le support de l’inscription : ni dedans, ni dehors, il est aussi une membrane qui s’intercale entre. Recto et verso sont interchangeables, une de ces faces est toujours cachée au regard. Cette dérobade est paradoxalement nécessaire au spectateur comme à l’artiste pour enfin perce-voir l’œuvre. Un lent découlement de processus en cascade s’imprègne dessus/dedans ce support matriciel.                                    

Le dessin devient l’outil de sa production, tantôt comme pochoir, poncif ou égouttoir. En retour, les marges du faire sont à leur tour considérées comme des expériences graphiques. La table de l’atelier porte les stigmates de différentes opérations. Elle est scannée et imprimée à l’échelle 1/1.  Les cuves de révélateur conservées jusqu’à la cristallisation sont photographiées  Les chiffons usés (ceux qu’on ne peut plus voir en peinture) habillent les punaises.                                               

Les gestes se ramifient. La trace demeure.